Peuples d'espoirs

" Aux âmes libres de toutes les nations qui souffrent, qui luttent et qui vaincront "
dédicace du roman "Jean-Christophe" de Romain Rolland - 1912

France



Un chant d'Ibuka en souvenir du génocide des Tutsi du Rwanda

Dieu caricature Charlie !

L'auto-intoxication française ...

La France est auto-proclamatrice de sa "grandeur". Qu'est-ce que la "grandeur de la France"? Selon moi, c'est la nostalgie du XVII ème siècle telle que présentée par le "Lagarde et Michard", collection, symbole, de manuels de littérature française des lycées et collèges par lesquels la majorité des élites françaises actuelles fut formatée à notre culture. Que dit ce manuel en introduction de ce  XVII ème siècle ?

 "Le XVII ème siècle français se place sous le signe de la grandeur. C'est le siècle où par l'éclat des lettres et des arts autant que par les armes, la France domine l'Europe".(édition du 4 ème trimestre 1967)

Dans ce manuel, les superlatifs pleuvent à chaque phrase : "éclatante époque", "majestueuse" époque, "années glorieuses du règne de Louis XIV". Bref le culte de notre culture et de sa domination ne peut guère être porté plus à son paroxysme. Les communistes et les autocrates de tous les pays n'ont rien inventé ensuite en matière d'auto-promotion. Cette déraison collective auto-formatée se retrouve aussi à propos d'autres époques, en particulier celle de Napoléon Bonaparte.

On ne peut pas trouver d'éducation nationale plus partiale et imbécile, plus centrée sur l'idée qu'elle se fait d'elle-même, plus étrangère au sens critique, dont elle se glorifie pourtant, notamment en référence au siècle suivant. Ce dernier n'est pas moindrement commenté, présenté comme étant celui des "lumières"... dont le centre de gravité serait essentiellement la France et sa révolution, même si elle fut précédée d'un siècle par la "Glorious Revolution" d'Angleterre et de deux ans par la constitution des Etats-unis d'amérique de 1787. Bref une culture de beaux parleurs, d'embobineurs et de menteurs, imbus de leur propres superlatifs.

La France serait aussi "le pays des Droits de l'Homme", le pays de la révolution française et donc de la séparation des pouvoirs. Ils imposent que "l'exécutif" exécute les décisions de justice et fasse respecter les lois élaborées et votées par le parlement. Corrélativement l'exécutif devrait mener une politique qui permette aux citoyens de respecter honnêtement et dignement les lois. Les principes républicains sont en fait devenus un autre pivot de mensonges.

Que signifie, par exemple,  la condamnation à de la prison d'un père divorcé qui n'a aucune ressource parce qu'il n'a pas d'emploi ou d'allocations pour payer une pension alimentaire et alors que tout montre qu'il s'organise pour pouvoir travailler ? Que signifie qu'un conseil de l'ordre des avocats, qui se pose d'emblée en défenseur des avocats au lieu d'être à la hauteur de sa qualité d'arbitre conféré par la loi, juge et parti entre les avocats et les justiciables, n'applique pas à ce père une aide judiciaire totale en refusant de reconnaître l'évolution négative de sa situation ? Que signifie que l'on condamne une famille ou une personne à quitter son logement parce qu'il n'a plus les moyens de payer son loyer ? Que signifie que l'on protège ceux qui maintiennent des parcs de logements vides pour influencer le cours du marché de l'immobilier en toute impunité et que des familles ayant des ressources qui font exploser les plafonds restent dans des HLM ? Que signifie que l'on considère comme normal qu'on licencie en prévision d'un meilleur bénéfice ? Que signifie que le gouvernement fasse le VRP pour passer des contrats (et récupérer éventuellement des rétro-commissions) alors que c'est le boulot des chefs d'entreprises ? Que signifie que le gouvernement décrète des programmes et des rythmes scolaires alors que c'est le boulot de la communauté éducative ? Que signifie que le gouvernement fasse des projets de lois alors que c'est le boulot du parlement. Etc, etc, etc...

Au lieu de répondre à ce genre de questions, quantitativement massives, on voit l'exécutif français considérer que la solution serait que les pouvoirs judiciaires et législatifs devraient lui être totalement subordonnés et accuser les refus concrets de cette conception d'être "excessifs". La classe dirigeante a perdu la tête, de l'extrême gauche à l'extrême droite, et depuis longtemps. C'est le reflet de notre partialité culturelle. Le gouvernement, les gouvernements ne font pas leur travail, ils veulent tout faire eux-même et les Français veulent des gouvernements qui travaillent à leur place et soient responsables de tout. C'est le règne du n'importe quoi.

On accapare la démocratie pour des raisons essentiellement  idéologiques. Le parlement et les partis politiques ne font pas leur travail, les rédacteurs en chefs des médias sont soumis, soumis par osmose  culturelle, à des dirigeants cul et chemise avec les intérêts économiques de quelques magnats. Les Français crèvent d'idéologie et de mauvaise foi politique. Les Français crèvent de comportements criminels et inconséquents qui s'ignorent et qu'on ignore comme tels. Comme les excès des dirigeants sont identifiés en norme de neutralité et de la modération, les Français crèvent d'accusation "d'excès" contre la neutralité et la modération, quand ils posent de vrais problèmes concrets, étape indispensable pour élaborer de vraies solutions.

Les Français sont malades de leur culture dominante, car c'est leur idolâtrie de cette culture, riche mais aveuglante, qui imprègne les esprits et empêche vraiment de prendre en compte la réalité de toutes les personnes qui composent la société. La solution n'est clairement pas chez ceux qui idolâtrent notre culture.

C'est d'une certaine manière la raison d'être de mon site.

Pour l’anecdote, j'avais cette page "France" en projet depuis longtemps, mais je l'ai créée à l'occasion de la vengeance de Jean-François Copé et de ses copains UMP contre Martin Hirsch, auteur d'un livre dénonçant les collusions d'intérêts dans le bocal politique *. Je ne connais aucun des protagonistes de cette petite affaire mesquine qui consiste ni plus ni moins qu'à proposer aux députés de "sabrer la rémunération du président de l'Agence du service civique" après leurs belles rodomontades électorales sur la nécessité de renforcer le sens civique. Elle est typique de la réalité des relations politiques en France : indigne de responsables politiques. " Les députés UMP "instrumentalisent la loi pour faire régner la loi du silence" ".(Ce texte écrit en 2010 ignore bien évidemment l'affaire  Bygmalion .... pourtant annoncée dans cet épisode)

Après soixante ans de méditations, je considère d'une manière générale que la plupart des responsables politiques français sont absolument indignes de leur rôle dans notre pays. Je ne sais pas exactement quelles étaient ses motivations profondes, mais je comprends sous cet angle, lourd de sens pour le PS, le refus de Jacques Delors de se présenter aux présidentielles en 1995.

Il n'est dès lors pas étonnant pour moi que notre pays ait été aussi gravement impliqué dans un génocide, celui des Tutsi au Rwanda de 1990 à 1994, après avoir d'ailleurs été impliqué dans le génocide des Juifs sous l'occupation nazie. C'est une médiocratie crasse qui règne en France et rares sont ceux qui ont la force de l'en dégager.  La morale est aujourd'hui considérée comme impudique. Cachez cette morale que je ne saurais voir... Le misanthrope est devenu un bisexuel jouisseur. Victorieux d'elle, il la voit dictatoriale, unique et condamnable, tel qu'il pense ne plus être. Il a balancé son bébé avec l'eau du bain. Cette confusion mentale, obsédée par une sexualité fric-bling inondante, devenue fond de commerce médiatique et sociétal, presqu'institutionnel (les affaires DSK et Tron arrivées plusieurs mois après la rédaction de cette partie du texte ne font que le souligner), nie tout ce qui n'est pas confusion et imbrication néon-lumière. Un noeud de vipères cathodiques dont chaque vipère refuse viscéralement de s'échapper. Une dilution mentale absorbée par un trou noir inexorable.

Une médiocre campagne médiatique essaye de convaincre encore et toujours que "la Françafrique n'existe plus". C'est un mensonge. Ce qui n'existe plus c'est le monopole de la Françafrique dans les zones francophones. Mais elle est toujours là au milieu des arrivants chinois, américains, indiens et autres. La présence des nouveaux n'enlève rien à l'abjection politico-militaire et incohérente du "pays des droits de l'homme" qui est le seul à entretenir des bases militaires permanentes dans ces zones et à contrôler, statutairement et effectivement, la monnaie d'une grande partie de ces pays par un nazisme monétaire. Les nouveaux arrivant n'arrivent pas encore à la cheville de l'abjection française qui serait aujourd'hui "décomplexée", relève l'association Survie dont l'archéologue politique et économiste François-Xavier Verschave fut le pertinent "nommeur" et sonneur.

Je suis très profondément déçu par mes compatriotes au plan politique... et pourtant on ne peut faire de la politique qu'avec ses compatriotes, s'ils veulent bien laisser tomber le laid de la République, exploiteur de leurs "cerveaux disponibles"...

article publié à l'origine en novembre 2010 sous cette forme que je publie à nouveau en 2015

 

Sélection de dépêches et/ou mes réflexions

Le Secours catholique réfute cinq idées reçues sur les pauvres

Le Figaro - 9 novembre 2017

Les professionnels contre l'« éducation sexuelle » et les « droits sexuels »

Devoir d'alerte découvert le 27 septembre 2017

Il ne s'agit pas d'une position réactionnaire mais d'un vrai problème soulevé par des professeurs de médecine. L'enfer est pavé de bonnes intentions. En voulant donner une "bonne éducation sexuelle" on introduit au sein de l'éducation nationale des attitudes de viols collectifs des jeunes consciences. La sexualité est d'abord une dimension intime de l'être et non pas un fonctionnement formaté d'un troupeau de jeunes européens, qui rappelle des rites initiatiques imposés dans certaines tribus animistes.

Dans un autre domaine ...

Hier lors d'une réunion de parents d'élèves, ce problème n'a pas été abordé. Je ne l'ai moi même pas fait car j'ai découvert ces infos ce matin. Mais lorsque le professeur d'histoire et géographie parla de l'éducation civique, j'ai demandé si elle abordait les cas où la république ne respectait pas ses principes. Quelques parents ont souri de ce sourire des paroles qu'on n'exprime plus tellement la cause semble perdue. La réponse de ce professeur m'a stupéfié : "c'est déjà assez compliqué comme cela" (certes) " et puis je suis une fonctionnaire". J'avais pourtant auparavant entendu parlé d'éducation au sens critique à plusieurs reprises par le chef d'établissement, comme par ce professeur....

Ce sens critique est-il vraiment intégré à la culture de notre éducation nationale ? Que signifie-t-il vraiment ? Doit-il s'effacer devant le totalitarisme ambiant ... qui résulte d'une cascade d'effacements devant des lobbying aux origines parfois douteuses ?

De la fin d’un monde à la renaissance en 2050

Libération - 23 août 2017

Le monde est actuellement entraîné par les multinationales dans une course effrénée vers un avenir radieux, tout aussi radieux que l'avenir communiste des années 30, même s'il n'est pas dépeint de la même manière. Cet avenir radieux risque bien de se transmuter comme le voit Yves Cochet en un enfer inévitable, presque nécessaire, comme sont nécessaires toutes les grandes lessives qui suivent une période d'errance. Nous sommes clairement dans une période d'errance et de bêtises. Les multinationales détruisent les organisations basées sur les communautarismes nationaux. C'est un mouvement anarchique au sens idéologique du terme. Mais chaque nation, avec ses thuriféraires, ne voit de solution que dans ses propres archives. 

La seule réponse possible est une structuration internationale des pouvoirs , phénomène ébauché de façon caricaturale à travers des organismes comme l'ONU où les communautarismes nationaux essayent de s'entendre .... et, comme pour tous les pouvoirs, les peuples attendent qu'ils soient justes et équitables. Si l'on veut qu'ils soient justes et équitables il va falloir empêcher tous les chantres des avenirs radieux de continuer de s'enrichir sur le dos des peuples. Où que l'on porte son regard c'est le même délire : les millions du sport, les millions des dirigeants, les millions de chômeurs, les millions de réfugiés, les millions de malades de l'industrie.. les millions de conneries dont s'abreuvent les jeunes et les moins jeunes  sur Youtube ou à la télé.... Yves Cochet n'a pas tort ... cette incohérence pétera ! Même si c'est une bulle radieuse !

Et si Macron a été élu, c'est sans doute parce qu'il semble, à tort ou à raison, le plus à même de comprendre ce monde et d'y apporter des réponses.  On verra ... mais sans doute ne faut-il pas le laisser seul travailler à ces solutions.

La classe politique s'émeut de l'agression d'une députée

Le Figaro - 30  juillet 2017

Cela rappelle furieusement le comportement de Jean-Marie Le Pen à Mantes-la-Jolie contre une député socialiste.

Aux 75 ans de la Rafle du Vél’d’Hiv, Emmanuel Macron montre avec force et conviction une compréhension exceptionnelle de la problématique de vérité pour la France dans sa politique antisémite et raciste avant et pendant sa collaboration avec les nazis et même après ...

Ce discours est exceptionnel dans sa dimension politique, historique et philosophique, humaine surtout, autour des comportements qu'engendrent un génocide dans un état complice. Il est exceptionnel aussi par l'implication personnelle de son auteur dans ses mots. Pour moi il est aussi exceptionnel dans sa résonance avec la problématique de l'implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda. J'attends d'autant plus le Président sur ce sujet !

Certes on peut être choqué que ce discours reçoive l'assentiment politique du fauteur de paix que représente l'actuel premier ministre d'Israël. Mais qu'on ne s'y trompe pas, la dialectique humaniste d'Emmanuel Macron l'attend nécessairement au tournant de ce qui se passe aujourd'hui dans les camps de concentration de Gaza ou de Cisjordanie. On peut être aussi choqué que la douloureuse Shoah, dans un processus de nature paranoïaque somme toute explicable, soit en quelque sorte prise en otage par le CRIF et le premier ministre israélien, pour justifier l'actuelle politique construite sur l'assassinat du dirigeant israélien Yitzhak Rabin, prix Nobel de la paix partagé avec son compatriote Shimon Peres et le chef palestinien Yasser Arafat. Et rappelons qu'un doute profond subsiste sur les causes, et leurs auteurs, de la mort de Yasser Arafat après les analyses, controversées bien sûr, qui ont montré des traces d'empoisonnement avec une substance radioactive. Cet assassinat de Rabin, particulièrement destructeur au plan politique et qui me révulse encore,  fut commis par un israélien de la même mouvance que celle de l'actuel premier ministre israélien. Il a aussi objectivement profité de ce crime.

Mais on ne saurait se défausser sur les Juifs de l'inconséquence de notre communauté internationale au sortir de la seconde guerre mondiale qui, plutôt que de donner la liberté aux Palestiniens colonisés, leur a imposé un transfert de tutelle des Britanniques aux Israéliens. Le monde chrétien qui dominait la jeune ONU, représenté par la France, la Grande Bretagne, les États-Unis, et l'Union soviétique (avatar communiste d'un christianisme mal défroqué et plaqué au fer rouge sur la Russie orthodoxe) a traité les musulmans par le mépris dans la façon de créer l'Etat d'Israël et le royaume de Jordanie. Ce mépris est au terrorisme international ce que fut le mépris imposé à l'Allemagne en 1918 au nazisme.... il engendra une violence pire, celle contre laquelle Israël et le monde occidental et ses alliés doivent faire face aujourd'hui, une haine que l'on déplore à juste titre, mais qu'on n'assume pas dans toutes les responsabilités de nos pères et qui régénère ce que l'on croyait étouffer au lendemain de la seconde guerre mondiale. Ne l'oublions pas.

Enfin le fond culturel de cet état d’Israël se trouve dans la Bible et sa notion de "terre promise" par Dieu au peuple Hébreu. Sa lecture montre que le chemin de cette terre promise passa par l'impatience de guerres parfois génocidaires contre ses habitants au nom d'une interprétation discutable de la volonté divine. David ne fut pas autorisé par Dieu à construire le temple de Jérusalem parce qu'il avait trop versé de sang, selon le prophète Nathan. Depuis l'action du juif Jésus, que nous chrétiens considérons comme fils du Dieu d'Israël, l'histoire juive confirme les doutes de Nathan et d'ailleurs le temple de Jérusalem, construit ensuite par Salomon le fils de David, fut détruit et reconstruit, puis, après Jésus, à nouveau détruit et le monde juif se dispersa dans le monde entier, délaissant la terre de Palestine, comme s'il était sous l'action d'une force invisible. Jésus a donné son sens à la promesse de la terre promise en rappelant au peuple "élu" que son message, adressé à travers lui par cette "élection", concerne en fait tous les peuples de la terre et que cette terre promise est en fait le "Royaume de Dieu".

Aujourd'hui peut-on prétendre revenir en arrière ? Peut-on expliquer aux juifs, que la terre promise n'avait de sens que dans l'attente de Jésus... s'ils ne reconnaissent pas Jésus comme le sauveur qu'ils attendaient ? Tous les peuples souffrent de cette incrédulité des dirigeants juifs, y compris le peuple juif. Nous n'avons pas le pouvoir de changer le cœur de ces dirigeants. Mais nous avons appris la patience et la détermination. Un génocide ne saurait-être une solution. Nous le savons. En cela nous avons changé notre cœur avec nos amis allemands. Les Juifs sont nos amis au même titre que les Arabes, les Rwandais, les Indiens exterminés d'amérique et ceux des Indes, les Tchétchènes et les Ukrainiens et tous les peuples de la terre. "Make our planet great again" implique que chaque peuple soit respecté.

16 juillet 2017

Macron : «C'est bien la France qui organisa la rafle du Vél' d'Hiv»

Le Figaro - 16 juillet 2017

Budget : les militaires veulent faire plier Bercy

Les Echos - 13  juillet 2017

Le bras de fer actuel est significatif. Il montre la fragilité des démocraties face à leurs armées. Car in fine si la démocratie est en péril, c'est bien l'armée son dernier rempart, d'où un risque évident d'attitudes surjouées de la part des militaires. Cette problématique se rencontre souvent en cas de passation de pouvoir. C'est un moment propice pour pousser ses pions car les entrées en fonction sont énergivores et de multiples informations sont à traitées. Dans ces périodes l'armée cherche à obtenir le maximum des hommes politiques surtout s'ils sont inexpérimentés. Je me souviens notamment des reprises d'essais nucléaires sous Giscard d'Estaing présentés comme indispensables par l'armée dès le lendemain de son élection. C'était un coup de force militaire qui avait eu pour conséquence la démission du ministre des réformes, Jean-Jacques Servan-Schreiber. On pourra penser ce que l'on veut de la réaction d'Emmanuel Macron à la rebuffade du général Pierre de Villiers, bariolée d'un vocabulaire grossier devant la commission de la défense nationale, il est hautement souhaitable, pour l'intérêt du pays et de la démocratie, qu'il soit ferme avec les militaires.

Sur le fond , à partir du moment où on exige des économies drastiques de toutes les administrations, je ne vois pas pourquoi les militaires feraient exception. Pour une fois qu'on a des politiques qui semblent décidés à maîtriser les choses au lieu de voir les perpétuels "baisser culotte" devant les réalités immédiates...

Le 19 juillet 2017

L'espoir en marche

On peut être en marche de plusieurs manières. Je laisse les "formule 1" trafiquées à Fillon, les vélos du XIX ème siècle à Mélanchon en haut de forme, le bidonroule à pédales à Marine, la "jamais contente" au PS (surnom de la première voiture électrique), le fardier de Cugnot à Asselineau, le pédalo à Arthaud, le skateboard à Poutou, le rayon laser intersidérant à Cheminade, la Juva 4 à Dupont-Aignan et enfin le Solar impulse à Macron.

Je choisi la marche à pied. Je me sens plus libre ainsi ...

8 ou 9 mai 2017

"Le débat" : Malgré la rhétorique mensongère et outrancière de Madame Le Pen, Emmanuel Macron a finalement évité de se laisser entraîner dans un caniveau argumentaire, non sans quelques dérapages bien compréhensibles

J'ai éteint mon poste avec un sentiment de frustration violente et pénible, tant ce débat fut saboté. Je comprends aujourd'hui pourquoi Jacques Chirac avait refusé de débattre en 2002 avec Jean-Marie Le Pen. Comment peut-on prétendre vouloir présider un pays en racontant n'importe quoi et en caricaturant avec une telle outrance permanente ses adversaires politiques. Pour moi Marine Le Pen est une sorte de Kim Jong-un, sans doute édulcoré, du moins peut-on ainsi se rassurer par cette incertaine édulcoration. Mais clairement elle tend vers la nord-coréanisation brutale de la France... même si elle devrait s'attendre de très vives résistances sur ce chemin.

Emmanuel Macron a parfois eu du mal à ne pas glisser pour ne pas se laisser renverser sous ce lourd flot caoutchouteux et invertébré d'invectives de bar zingué, parfois rieuse presque en ébriété ou anxieuse de son manque de savoir ou carrément méchante en tueuse paranoïaque pour masquer ses faiblesses. C'est très difficile de juger des réactions à ce type de situation malsaine. Emmanuel Macron n'aurait-il pas du ignorer les attaques grossières, s'écarter un peu et laisser ce flot de paroles caoutchouteuses enflées d'invectives s’affaisser sur lui-même ? A vouloir l'arrêter on prend le risque de se laisser submerger. D'où ces moments de catch incontrôlable pour l'observateur et où les journalistes étaient inexistants. Cela pose le problème de l'organisation de ces débats et de la façon de rappeler les règles au débatteur qui s'en écarte. Mais on a peur d'arbitrer et de risquer de se faire taxer de partialité...

Malgré tout on a bien vu que Emmanuel Macron connaît son job et ses dossiers. Est-ce que le fait de connaître les dossiers signifie qu'on n'a pas d'humanité ? Beaucoup de ces dossiers ne peuvent être pris en considération que si on s'est intéressé à ceux qui les vivent.  Que dirait-on d'un médecin qui aurait du cœur et ne connaîtrait pas la médecine ? Que dirait-on d'un malade qui dirait au médecin "pendant que vous étudiez mon dossier vous ne vous occupez pas de moi ? Vous me faites la gueule ou quoi ? vous êtes inhumain".

Je croyais Marine Le Pen plus civilisée que son père. Ce débat m'a permis de constater mon erreur de jugement. Encore fallait-il qu'Emmanuel Macron accepte ce débat pour que je le comprenne ...

J'ai voté Macron et je vais recommencer

Le 1 mai 2017

Ce n'est pas un scoop, mais cela va mieux en le disant. J'avais longtemps hésité, mais deux jours avant le premier tour j'ai pris cette décision.

Je n'ai pas voté Jean-Luc Melanchon à cause de son profil trop "mitterrandien", notamment sur un sujet grave : l'implication de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda à partir de 1990. Ne pas remettre en cause cette implication française dans le génocide est un grave manque de courage, une façon de baisser culotte devant les responsables de l'époque et les militaires. Dès lors je redoutais que son projet de sixième république ne fasse long feu malgré son verbe vif, vigoureux et clair, car cette implication au Rwanda représente le paroxysme des dérives de la cinquième république. Je suis peut-être plus exigeant à son égard sur ce sujet, précisément à cause de la hauteur de son verbe.

Je n'ai pas voté Benoît Hamon car depuis 10 ans, le PS a fait la démonstration de son absence de respect de sa démocratie interne dès que les positions des ténors sont menacées. C'est inacceptable. Malgré plusieurs excellentes idées, notamment sur le partage nécessaire du temps de travail, la prise en compte du fait que la croissance ne se décrète pas et n'est pas à attendre dans des proportions de nature à résoudre nos problèmes, Benoît Hamon me semble beaucoup trop dépendant de ce parti et donc trop fragile.

François Fillon n'était pas ma tasse de thé, mais là il a en plus dépassé les bornes. Il manque totalement de lucidité pour s'être ainsi fait piéger par le françafricain Bourgi et avoir abusé à un tel niveau des talwegs inacceptables de la classe politique.

Marine Le Pen est entièrement dans sa posture médiatique d'Amiens sur le parking de Whirlpool : la braille, sans une once de pertinence dans les solutions à trouver. Tout son discours économique est à l'avenant. Pourtant, elle a raison d'insister sur les faits qui impliqueraient, à mon sens, la nécessité que les directions d'entreprises comprennent qu'elles doivent d'abord conquérir le marché intérieur.  Ce n'est absolument pas le discours des managers, du moins dans ce qui est perçu publiquement. Ils ne parlent que d'exportation. Mais si tous les pays exportent c'est un jeu à sommes nulles et cela ne peut pas entraîner de croissance particulière sauf à manger la part du voisin ... tout en se faisant manger la sienne. Ceci dit je ne partage absolument pas sa vision nationaliste. J'espère qu'elle ne bénéficiera pas d'une vague souterraine imprévisible. Pourtant je dois reconnaître qu'elle a parfois comme son père un certain panache et un vrai sens du verbe, mais elle est enfermée dans les syllogismes du Front national. Normal, elle est tombée dedans quand elle était petite ...

J'ai hésité à choisir Macron, mais finalement je le trouve très solide dans sa tête, sachant regarder dans le détail technique, tout en gardant le sens du cap à tenir. Une tête bien faite doublée d'une forte personnalité et d'un sens rare du respect politique.

La situation est particulièrement complexe et il la comprend ou fait tout pour la comprendre. Comme il le dit, il est l'héritier des institutions républicaines et non pas, comme son adversaire, du château et du parti de son père. J'ai apprécié son tweet le 7 avril à l'occasion des commémorations du génocide des Tutsi, même si cela n'implique pas nécessairement qu'il remette en cause les complicités françaises dans ce génocide. Je n'en sais rien. J'ai aussi apprécié ses opinions sur la colonisation et je comprends qu'il reconnaisse que ces opinions peuvent blesser ceux qui sont nés "colons" ou Harkis, n'ont rien demandé pour hériter de ce fardeau et ont beaucoup de mal à comprendre la nature criminelle de la colonisation. Mais j'attends plus de courage et de pugnacité sur ces sujets et surtout leurs prolongements actuels dans les réseaux françafricains qui soutiennent et exploitent des dictateurs sanguinaires qui s'enrichissent sur le dos de leurs peuples.

Entre tous ces candidats la question de l'organisation du travail est évidemment centrale. Hamon me semble avoir été le plus pertinent sur les fondamentaux et Macron le plus stratégique dans la mise en œuvre. Ce qui s'est passé à Amiens est révélateur de sa façon d'aborder les choses et de son sens du dialogue direct si c'est nécessaire. Pour ma part j'ai beaucoup de réserves sur l'état de corruption de la République, mais je crois Emmanuel Macron honnête homme et non inféodé aux puissances d'argent, même s'il ne les déteste pas. Je ne doute pas par contre que ses relations dans les milieux bancaires tenteront d'infléchir sa politique. On verra à l'usage. On ne peut que prendre ce risque de lui faire confiance, notamment sur la dimension européenne de tout cela.

Mais ce que je crains le plus dans la situation actuelle c'est le loby militaro-industriel français. Emmanuel Macron saura-t-il ne pas se laisser entraîner dans les délires de nos stratèges comme on l'a vu au Rwanda sous Mitterrand, puis en Côte d'Ivoire sous Chirac et Sarkozy, avec en prime la Libye. Certes Chirac avait su dire non aux américains... c'est plus facile de refuser les délires intéressés des autres que les siens. Quand je vois l'unanimisme des candidats, tous courbés à des nuances près, devant les visions stratégiques mises en place sous François Hollande et probablement imposées par nos militaires, je crains le pire. Je ne suis pas d'accord pour qu'on mette en exergue des cibles "vigipirates" simplement pour rassurer les citoyens ! La probable nécessité de combattre le terrorisme dans ses nids, ne justifie pas que la France soit quasiment la seule puissance occidentale à entretenir des bases militaires coûteuses en Afrique, et depuis bien avant l'arrivée du terrorisme islamique. Tout cela est à délier. Mais n'oublions pas que l'une des racines profondes du terrorisme, c'est notre manque de respect des peuples musulmans qui contribue à justifier une haine pourtant injustifiable.

Je ne sens pas non plus Emmanuel Macron très ferme sur la question fondamentale du recours à la technologie nucléaire. On ne sent pas chez lui de méfiance viscérale sur les risques de cette technologie... il ne semble voir que le "savoir faire français" en matière nucléaire, savoir faire qui relève trop de 60 ans de propagandes et de mensonges sur son véritable coût et sa véritable qualité. Les "ennuis" actuels le montrent bien. Malgré tout, je l'ai entendu dire qu'il ne parvenait pas à connaître le véritable coût de cette technologie.

Bref la France est "en Marche" vers son avenir avec le concours bienvenu de toutes les bonnes volontés, mais ce n'est pas sans périls. Cela mérite bien un soutien.

L'auto-intoxication française aujourd'hui, 2 février 2017

L'auto-inoxication française n'est pas seulement celle de l'enjolivement du passé, dont je parle à gauche de cette page, c'est aussi celle d'aujourd'hui. "L'affaire Fillon" du nom de l'homme dont je pensais qu'il était l'un des plus honnêtes à droite, même si je ne partage pas beaucoup de ses idées, me plonge dans les profondeurs de mon ressenti sur la classe dirigeante française. Car même si la justice ne trouvait rien d'illégal à lui reprocher, ce qui semble chaque jour de plus en plus improbable, les pratiques mises à jour à cette occasion, en particulier chez les "sages" du sénat, jettent encore plus l'opprobre sur les pratiques courantes des politiques français.

Les gens du nord de l'Europe sont scandalisés par nos pratiques, jugées normales par nos politiques. Comme, pardonnez-moi, on juge normal en France d'avoir été complice du génocide des Tutsi parce qu'on soutenait de 1975 à 1994,  un régime majoritaire et "légal" au Rwanda, mais arrivé par un coup d'Etat au pouvoir, attaqué par des "rebelles" qui étaient en fait des Tutsi contraint à l'exil par une politique de discrimination de nature raciale, même si l'analyse "raciale" était complètement infondée. Les mots sont souvent des couleurs pour nos hommes politiques et ils pensent naïvement qu'avec la bonne couleur la réalité change. Leur naïveté n'a d'égale que celle des électeurs. Le réel c'est ce qui est dans la tête des gens, même si c'est faux ! Jusqu'au jour d'une crise...où les têtes prennent conscience.

Je fus tenté en 1973 par la politique. Pendant deux ans j'ai adhéré au parti radical présidé par le "Macron" de l'époque : Jean-Jacques Servan Schreiber. Il avait combattu la torture en Algérie, il luttait concrètement contre les essais nucléaires français, il proposait une régionalisation française concrète, il avait des idées sur l'éducation et la justice sociale. Bref ce package me convenait à priori. Mais je fus choqué par cette expérience. Non pas vraiment à cause de son président, mais plus à cause de ses militants. Je me souviens avoir écrit une lettre que j'ai probablement perdue, où je disais : il ne suffit pas de dire la vérité, il faut être dans la vérité. Et j'ai quitté la vie des partis, en 1975 si ma mémoire est bonne. Jamais je ne fus tenté de rejoindre un autre parti. Ce monde me semblait profondément englué dans des pratiques douteuses, mais jugées normales, voire justifiées.

Je n'avais pas rejeté la responsabilité politique pour autant car elle me semblait nécessaire. Au début des années 80 j'ai accepté de me présenter sur une liste municipale dans un petit village. Aucune référence à un parti politique. Je fus élu et j'ai démissionné au bout de trois ans, car dans ce petit village de Côte d'Or de nombreuses maisons tombaient en ruines, menaçant la population jusque dans la cour de récréation de l'école. Rien n'était fait bien que je remettais régulièrement le sujet sur la table. Jusqu'à ce que je comprenne que sur onze conseillers municipaux, huit étaient propriétaires ou proches de propriétaires de bâtisses en ruines.

J'ai constaté dans ma vie professionnelle que j'ai dû accepter d'être disqualifié à plusieurs reprises pour des raisons morales. D'abord par mon choix d'être objecteur de conscience, ce qui me fermait les portes de la fonction publique et jetait un sérieux doute chez les recruteurs privés. Ensuite dans des entreprises où les pratiques des dirigeants étaient parfois malhonnêtes, même dans une coopérative de 50 salariés-associés où on attendit de moi, comptable, que je fasse de fausses déclarations fiscales au vu et au su de l'expert comptable, pour résoudre une situation tragique... J'ai beaucoup souffert de mes exigences professionnelles et aujourd'hui, alors que d'autres prennent tranquillement leur retraite, je dois continuer de travailler pour compenser des périodes de chômage, qui cumulées atteignent neuf années au total. On s'est beaucoup moqué de moi : "tu ne t'intégreras jamais", "il faut accepter de se salir les mains", "tu es un idéaliste", voire même un "fainéant".... etc. Cela m'a valu deux divorces, la souffrance de mes enfants, sans parler du sentiment fréquent de ne pas être pris au sérieux, bref l'humiliation pour rester honnête à mes yeux... et au passage une condamnation pour "abandon de famille" - défaut de pension alimentaire...

Aujourd'hui, aux portes du troisième âge, je mesure que mes choix initiaux étaient fondés, refus des partis français et objection de conscience au service militaire et à la pratique militaire. Quand je vois jusqu'où nos armées sont allées se compromettre en Afrique, notamment une complicité active dans le génocide des Tutsi au Rwanda, sur ordre de nos politiques, intoxiqués en retour par les informations remontées de l'armée..., je peux me regarder dans la glace, même si j'en paye les conséquences. Car la logique de la malhonnêteté est totalitaire, et trop souvent couverte par la légalité...elle impose qu'on se taise... comme dans toutes les cultures mafieuses. Mon expérience de français me le montre clairement.